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Accueil "Printemps arabe" Polémique: Le financement européen de projets de la société civile algérienne

Polémique: Le financement européen de projets de la société civile algérienne

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Un programme européen à destination de l'Algérie a récemment fait l'objet d'une polémique. Il s'agit d'une mesure visant à "soutenir la société civile dans la promotion des réformes démocratiques et le respect des droits de l’homme en Algérie".

Dans la section "Objectifs du programme et priorités" du document, on peut lire:

Au titre de l’Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l'Homme (IEDDH) institué pour la période 2014-2020, l'Union européenne fournit une aide au développement et à la consolidation de la démocratie et de l'État de droit, ainsi qu'au respect de l'ensemble des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont les objectifs généraux sont les suivants :

a) soutenir, à développer et à consolider la démocratie dans les pays tiers, en renforçant la démocratie participative et représentative, en consolidant le cycle démocratique dans son ensemble, en particulier en renforçant le rôle actif joué par la société civile au sein de ce cycle, ainsi que l'État de droit, et en améliorant la fiabilité des processus électoraux, au moyen notamment de missions d'observation électorale de l'Union;

b) renforcer le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, tels qu'ils sont proclamés dans la déclaration universelle des droits de l'homme des Nations unies et dans les autres instruments internationaux et régionaux en matière de droits de l'homme, et à renforcer leur protection, leur promotion, leur mise en œuvre et leur suivi, essentiellement par un soutien aux organisations concernées de la société civile, aux défenseurs des droits de l'homme et aux victimes de la répression ou d'exactions.

 

Le document peut être lu dans son intégralité en cliquant sur le lien ci-dessous:


Une levée de boucliers a suivi cette annonce.

 


Algérie : l’Union européenne recrute des « droitsdelhommistes»

Ahmed Halfaoui

Les Débats, le 6 décembre 2014

L’Union européenne a dû être très insatisfaite des performances des activistes droitsdelhommistes qui s’agitent, depuis quelques années, en Algérie. Le lamentable ratage du « printemps » n’en étant pas la moindre des raisons. Elle vient de lancer une offre publique d’emploi, avec des critères de recrutement, si draconiens, qu’elles semblent tenir compte qu’il lui fallait recourir à des ajustements, en matière de personnel. Désormais, elle se donne une plus grande possibilité de choix et ce sera un véritable contrat de performance qui sera signé entre ses employés droitdelhommistes et « démocrates ». A travers son « Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme », dans sa mission « Renforcer le rôle de la société civile dans la promotion des droits de l’homme et des réformes démocratiques – Algérie » (référencié : EuropeAid/136240/DD/ACT/DZ), l’U.E ne laisse rien au hasard. Les candidats seront obligés de passer par un tri méticuleux. Ils doivent présenter le meilleur profil qui soit et savoir, à l’avance, ce qu’ils comptent faire et dans quels délais et les honoraires (budget selon l’U.E) demandés doivent être « réaliste et d’un rapport coût-efficacité convenable ». Les imprimés à renseigner témoignent de cette volonté de minimiser les risques d’incompétence. Le projet mobilise 600.000 euros et sera décliné par tranche de 50.000 à 150.000 euros, selon le travail (l’U.E parle d’action) à réaliser. Ce qui équivaut à un financement très alléchant, si on le rapporte au niveau des salaires en vigueur en Algérie. Même au taux de change officiel, il y a quoi faire fortune. Le must serait que soit publiée la liste des heureux élus, pour qu’au moins les Algériens sachent qui est payé pour les « démocratiser ». Restent deux questions. A savoir pourquoi l’Union européenne a dévoilé sa volonté d’ingérence flagrante, dans les affaires intérieures de l’Algérie, et pourquoi elle ne craint plus de donner raison aux « théoriciens du complot ». Tentons une réponse. L’ingérence est autorisée par les dispositions contractuelles qui la lient à l’Algérie, dans leur accord d’association et l’U.E est convaincue que les Algériens vont suivre les droitsdelhommistes et les « démocrates », pour peu que ces derniers aient les moyens de les mobiliser. Ce qui pose un certains nombre de problèmes relatifs au rôle des partis politiques qui meublent le paysage. Des partis dont quelques-uns ont été reçus par des délégués européens. Ne constituent-ils plus des partenaires fiables dans l’entreprise de déstabilisation du pays ou bien sont-ils l’objet d’un autre type de partenariat que les activistes concernés par la campagne de recrutement ? On ne saura peut-être jamais les deals qui ont été conclus, mais on est averti. Il ne sera plus possible de parler démocratie ou droits de l’homme sans tenir compte du fait qu’il y a de véritables fonctionnaires qui s’en occupent pour le compte de l’étranger. Somme toute, une difficulté supplémentaire qui vient s’ajouter à la confusion et à la cacophonie qui prévalent.

http://www.lesdebats.com/editions/061214/Les%20debats.pdf (page 2)

 


L'Union européenne offre jusqu'à 150 000 euros aux Algériens qui veulent « jouer aux opposants »

Meriem Sassi

Algérie Patriotique, le 3 décembre 2014

L’initiative de la délégation de l'Union européenne en Algérie qui veut subventionner des associations algériennes, jusqu'à 150 000 euros, pour mener des actions liées à la «défense des droits de l'Homme» est-elle innocente ? La question se pose quant à l’objectif qui pourrait se cacher derrière une telle initiative qui, sous couvert d’aide aux actions pacifiques, pourrait être interprétée comme un encouragement évident aux actions de «subversion» aidées par des financements conséquents. La délégation de l’UE fait en tous les cas mine de jouer la «transparence» en publiant son offre sur son site internet et se cache derrière le terme «pacifique» comme pour mieux dégager sa responsabilité quant à de probables débordements ou déviation des actions qui seront menées grâce à son financement. La délégation de l'Union européenne en Algérie vient, en effet, de lancer un appel à propositions avec l'objectif déclaré de soutenir les organisations de la société civile afin de «consolider et renforcer leur rôle et leurs stratégies propres dans la promotion des droits de l'Homme et des réformes démocratiques», peut-on lire sur son site internet. «La subvention octroyée à chaque action retenue sera comprise entre 50 000 et 150 000 euros» et les actions éligibles au financement devront répondre au moins à une des priorités retenues, précise l’UE qui cite notamment «l’appui à la liberté d'expression et à la promotion des valeurs démocratiques, la promotion de la liberté de réunion et de rassemblement pacifique et la prise de mesures pour lutter contre les obstacles à l'exercice de ces libertés. Le soutien au développement d'espaces de débat démocratiques, promouvoir la liberté d'expression, en particulier par la formation professionnelle et éthique des défenseurs des droits de l’Homme et des journalistes, prévenir et lutter contre la corruption et sensibiliser et promouvoir la citoyenneté active des jeunes». La délégation de l'Union européenne en Algérie prévoit aussi des financements pour des actions en liaison avec la «protection et la promotion des droits et de la place des femmes, des jeunes et des enfants dans la société, dont des actions concernant l’intégration sociale, le dialogue et la lutte contre les violences». La délégation de l'Union européenne précise que lors du processus d'évaluation, la priorité sera accordée aux actions «visant ou menées par des jeunes comme population cible ou partie prenante». Elle met en évidence aussi des actions envisageant un programme de «subvention en cascades, permettant, par exemple, à des organisations constituées récemment ou des organisations n’ayant pas les capacités de gestion de projets de grande ampleur ou des organisations n’étant pas familiarisées avec les procédures de l’Union européenne, de bénéficier de l’accès aux financements européens, de renforcer leurs capacités et/ou de mettre en œuvre des activités ciblées et à valeur ajoutée forte, permettant par là même d’amplifier la portée et la qualité de l’action». L’UE avise que les actions seront choisies, notamment «sur la base de leur pertinence, des résultats prévus et de leur efficacité potentielle».

http://algeriepatriotique.com/article/lunion-europeenne-offre-jusqua-150-000-euros-aux-algeriens-qui-veulent-jouer-aux-opposants



 


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