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Accueil "Printemps arabe" Le secret de l'inamovibilité de Ghannouchi

Le secret de l'inamovibilité de Ghannouchi

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Question n°1

Comment expliquer que Mohamed Ghannouchi soit le seul rescapé du balayage politique tunisien alors qu’il était un des principaux acteurs de la politique bénalienne pendant 11 ans?

 

Voici les réponses que j'ai reçues. Elles sont classées par ordre chronologique inverse. Je vous remercie pour votre participation et la pertinence de vos analyses.

 


H. C.

Ghannouchi a été épargné pour deux raisons:
- Le chef d'état-major, Rachid Amar, embastillé par Benali pour refus de tirer sur la foule, a été remis en liberté par Ghannouchi dès le 14 janvier, date de la fuite du dictateur,
- Le chef d'état-major a été convoqué par l'ambassadeur zunien pour exiger le maintien de Ghannouchi afin d'assurer une transition sans émergence des islamistes et pour instaurer préalablement au départ de Ghannouchi lui-même, une amnistie générale confondant anciens bénalistes et victimes.


Réponses d'amis tunisiens obtenues par S. B. via Facebook

1-      Il a travaillé dans le système comme tous les Tunisiens. Il a toujours été un technocrate. Demande (aux centaines de gens pour la plupart retraités aujourd'hui) comment il traitait les dossiers. J'en sais quelque chose personnellement. C'était toujours avec la conviction et la recherche du bien et du développement du pays. C’est vrai qu'à la fin beaucoup de Tunisiens, le connaissant ainsi, s'étonnaient qu'une telle personne puisse rester dans son poste. personnellement je pense plusieurs choses : d'abord c'est le chef d'un gouvernement, c.à.d.  de ministres qui étaient totalement court-circuités par Leïla via ses sbires, conseillers, etc. Même Ben Ali était court-circuité par elle et sa famille ! Je crois qu'il essayait par patriotisme de sauver les meubles, de vider le maximum d'eau que prenait la barque, de faire juste ce qu'il pouvait faire, croyant bien faire. Pour moi ce n'est pas un homme politique bien que son poste en fût un.
Autre chose : demande à ceux qui l'ont côtoyé depuis les années 70 combien il était humble et respectueux de tout le monde et demande s'il a essayé un jour d'aider les corrompus du système d'une manière ou d'une autre, ou s'il a essayé d'obtenir la moindre faveur ou le moindre avantage pour lui-même ! ceci étant, je sais ce n'est pas un révolutionnaire car il est trop vieux pour ça. Mais il soutient la révolution.
Le temps- juste quelques mois- me démontrera que j'ai tort si je me trompe. Suis-je naïf ? Peut-être, mais ce n’est pas grave si cela me mène à l’optimisme.

2-      Le seul ministre légitime selon le destour est Ghannouchi. Je m'explique en appliquant article 57 du destour: Fouad Mbaza devient président temporaire pendant uniquement 60 jours, il faudrait après planifier des élections. Ce président doit designer son premier ministre qui , à son tour, dans le cas où le président le charge de cette mission et c'est le cas, de désigner les membres du gouvernement, donc c'est Faoud  Mbaza qui a le droit de décider de garder ou renvoyer Ghannouchi ... et la majorité du peuple souhaite avancer vers l'avant même s’il n'est pas convaincu qu’il est vraiment intègre...

3-      Pour répondre à ta question, je pense que Ghannouchi est la personne qu'il faut pour la période de transition. Il a été certes le premier ministre de Ben Ali pendant 11 ans, et heureusement, sans lui que serait devenue la Tunisie avec... tout l'argent qui a été pillé, le fait qu'on soit encore sur pied relève du miracle, et ce miracle nous le devons à Ghannouchi un grand stratège en économie, toutes les réformes économiques c'est pas Ben Ali avec son niveau Bac - 3 comme l'a qualifié Mitterrand qui les a planifiées. Ben Ali a su s'entourer. Il a choisi un technocrate, grand économiste qui ne s'intéresse pas du tout à la politique, un excellent commis de l'État comme on dit. Il a certainement constaté les dérives du pouvoir mais qui osait parler du temps de ZABA?
Laissons-le travailler pour assurer la transition et par la suite la passation des grands dossiers dans de bonnes conditions.

 


K. K.

La Révolution tunisienne a surpris tout le monde par sa soudaineté et sa détermination, sauf peut être les Etats Unis d'Obama dont les ballons ont su sonder la direction dans laquelle soufflait la colère du  peuple tunisien.

Pourtant, en visite à Charm Echeikh, au lendemain de sa prise de fonction, le Président US, avec son fameux "Salam Aleikoum", a envoyé un message on ne peut plus clair sur la nécessité de changement démocratique à l'adresse des dirigeants arabo-musulmans.

S'agissant du maintien du premier ministre Ghanouchi, l'hypothèse admise est que des contacts avec l'armée tunisienne étaient établis par les autorités américaines en vue de faciliter le départ précipité du dictateur avant que la France de Michèle Alliot Marie et de Sarkozy, totalement en décalage, ne vole à son secours...

Pourquoi donc ce maintien de Ghannouchi ? Comme Chebbi, Marzouki, etc, Ghannouchi constitue, de mon point de vue, un gage de maintien des intérêts occidentaux en Tunisie et un point d'équilibre des forces politiques en présence.

En somme, c'est un rempart à l'éventuelle prise de pouvoir par le courant Ennahdha de l'autre Ghannouchi (dont nul ne connait suffisamment le poids politique, sauf peut être les américains et les britanniques), outre que c'est une précaution de plus pour éviter que la Tunisie ne bascule dans " l'axe du mal": Iran, Syrie, Hezbollah, Hamas, voire la Turquie de fraîche date, etc.

Donc, le maintien à tout prix du chef de gouvernement Ghannouchi serait dicté par les desseins géostratégiques de l'Occident qui souhaitent des changements salutaires (au risque de se compromettre vis-à-vis de son opinion publique), sans pour autant que les pays arabes ne versent dans des bouleversements révolutionnaires, risquant de faire perdre à l'Occident les avantages géopolitiques acquis...

En somme l'évolution est encouragée, pour sauver ce qui est encore "sauvable", mais pas de révolution... à l'iranienne qui risque de "foutre en l'air" des décennies d'investissement...


M. D. B.

La rue Tunisienne a fait une grave erreur et a été très naïve en laissant Ghannouchi en place. La pression n’était pas assez forte sur lui, sinon il serait parti rejoindre son maitre à la poubelle des déchus, c'est-à-dire l’Arabie Saoudite. Le sieur Ghannouchi a appliqué docilement et aveuglement la politique contre nature de Leïla durant plus d’une décennie. S’il avait un soupçon de dignité, il aurait démissionné mais comme dit l’adage ’’ N’est pas Chevènement qui veut’’. Il parle actuellement de  démocratie. On ne devient pas démocrate par la force, on est démocrate par conviction.

Avant de former son premier gouvernement, il a déclaré toute honte bue, qu’il a eu un entretien téléphonique d’un quart d’heure avec Ben Ali et tout le monde a vu la couleur RCD foncé de son premier gouvernement. Heureusement que le peuple était vigilant et qu'il a rejeté cette composition. Maintenant, c’est l’habile Ghannouchi qui va gérer la période de transition. Il va surement recevoir des conseils et des astuces de Djeddah pour jouer sur les divisions de l’opposition. Personnellement j’ai des appréhensions et je suis un peu pessimiste quant à la suite des évènements. J’espère de tout cœur avoir tort.


A. H.

A mon avis Ghannouchi qui aurait une réputation de technocrate relativement intègre compte-tenu de la rapine maffieuse généralisée organisée par le système Benali qui l'employait, doit constituer une pièce et un atout jugés crédibles par les forces du conservatisme politique dans le pays du jasmin.

Il s'agit essentiellement de la bourgeoisie tunisienne compradore et ses relais capitalistes et financiers mondiaux qui n'abdiquent pas face aux velléités révolutionnaires qui travaillent actuellement le peuple tunisien toujours mobilisé, et dont on espère réduire les ardeurs par la compromission recherchée chez les uns, la duplicité de certaines personnalités en vue fort impatientes de se hisser au firmament du pouvoir, etc...


B. M.

Je tenterai une hypothèse plausible.

Considérant la tournure des évènements en Tunisie et en Égypte, nous pourrions émettre l'hypothèse suivante :

Obama serait en train de faire gagner aux É-U par les peuples arabes ce que les Bush ont échoué à instaurer par la guerre.

Les jours à venir nous diront si les changements opérés vont se traduire par:

1- une reconfiguration géopolitique, ou

2- une amélioration des conditions de vie dans les régions visées (Afrique du nord et Moyen-Orient).

Considérations préalables aux manœuvres américaines :

1- Les É-U souhaitent une reconfiguration géopolitique : par la relève politiques MAIS dans le sens des intérêts stratégiques des É-U.

2- Les manifestants souhaitent une amélioration des conditions de vie : par la relève politique MAIS dans le sens de l'exercice du pouvoir

3- Les É-U et  les manifestants ont un dénominateur commun : la relève politique.

Conjecture :

1- La relève politique aura lieu MAIS sans améliorations durables des conditions vie des arabo-musulmans (manifestants) : Objectifs des É-U

2- La relève politique n'aura pas lieu MAIS les conditions de vie connaîtront une amélioration sur le court terme : Objectifs des Raïs, Kaïd, Émirs, Zaïms, Rois et Sultans.

Réponse à ta question:

Ghannouchi est le seul rescapé car il aurait œuvré dans sens des changements opérés par Obama (le dénominateur commun)


M. B.

La réponse à ta question?

Peut-être ici: http://voltairenet.org/article168223.html


A. K.

 

Peut-être bénéficie-t-il de la bénédiction de quelque Puissance dont les intérêts seront mieux préservés par lui (et le gouvernement qu'il aura fini par choisir) que par un autre? El moualfa khir mettalfa.


S. B.

C'est parce que la France n'a pas encore trouvé meilleur agent.


 

F. W. R.

http://montreal.ctv.ca/

Clique sur le lien et regarde la vidéo: "Karim Ben Rhouma discusses revolts in Tunisia, Egypt". Il parle un peu de Ghannouchi.


A. L.

Je suppose que pour gérer la période transitoire il faut quelqu'un qui soit au fait des affaires courantes et des dossiers sensibles. Ce n'est que pour gérer cette période qu'il fait...l'unanimité.


A. D.

Il me semble trouver deux hypothèses non exclusives l'une de l'autre:

1°) Mohamed Ghannouchi est un homme qui apparemment ne semble pas avoir de fil à la patte ( point de vue corruption, enrichissement suspect, moeurs...etc) ; il semble même qu'il habite un quartier très moyen, voire populaire depuis avant Ben Ali.

2°) Son maintien serait dû, d'abord à la nécessité de garder "une mémoire gouvernementale" au sein du nouveau gouvernement, en même temps que donner un gage aux puissances extérieures (USA et France).

A brève échéance on saura.


M. B.

A mon avis, je pense qu'il y a un deal entre l'armée et l'UGTT et les principaux acteurs politiques. Peut-être aussi pour assurer une continuité en douceur car il connaît très le fonctionnement de l'ancien système. Donc il ne peut qu'aider son pays à une transition sans problème. Avec des ministères de souveraineté qui lui échappent, Ghannouchi a les points liés. Il ne peut même pas influencer  les prochaines élections qui vont se faire sous l'égide d'une commission indépendante en présence d'observateurs étrangers. L'armée veut aussi lui sauver la peau en lui assurant une sortie honorable pour son rôle après le départ de Ben Ali en l'épargnant de la justice. A mon avis, il va obéir au doigt et à l'oeil sauf si l'avenir nous dira autre chose.


A. Z.

Il faut bien garder un qui sache comment fonctionne le dirigeable. Cher physicien, les gaz sont très inflammables et leur mécanique la plus difficile à mettre en équation.


Y. B.

Désolé, mon cher Ahmed, mais les voies du Seigneur sont impénétrables!
Cependant il me parait plausible de supposer que M. Ghannouchi est là jusqu'au cou impliqué avec la mafia de Ben Ali et il doit, de connivence avec l'armée (qui fait semblant d'être neutre), garder le pouvoir jusqu'à......brouiller certaines pistes.


A. H.

1- Le système a reculé mais n'est pas tombé
2- L'opposition la plus structurée et la plus implantée  (y compris l'UGTT) préfère le "réalisme" à  la "révolution"
3- Le retour à la réalité économique avec des revendications sociales libérées et radicales fait peur à la classe politique
4- Tout  le monde se prépare à l'épreuve des urnes


L. B.

Ce n'est pas lui qui veut rester.  Une certaine force veut le maintenir car, il était partie prenante dans des dossiers alléchants.  (Europa Europa).


 


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